La Self Regulation

Note utilisateur:  / 1
MauvaisTrès bien 
Le Jdn reçoit cette semaine l'Institut de Recherche et d'Informations bioSociales (IRIS) qui travaille depuis longtemps sur le principe de « self régulation » pour appuyer notamment les personnes dans leur autonomie. Catherine Favre et Nathalie Augier nous en livrent les arcanes.

JDN : Quel est le point de départ de la self régulation ?
L'IRIS, en tant qu'organisme de formation, est témoin depuis trente ans de l'évolution de notre société et de son impact sur les individus. Que voyons nous ? Le contexte économique actuel, orienté vers la recherche de rentabilité, de performance, associé à l'accélération des innovations technologiques exercent une pression croissante sur chacun d'entre nous. Pour suivre ce rythme technologique, nous sommes amenés à développer une position existentielle qui privilégie la réactivité aux dépens de notre intériorité et subjectivité. Mais cette position entraîne usure, démotivation et même parfois dépression.
L'enjeu pour nous était donc d'inventer des moyens pour que la personne puisse se restaurer, se remettre en contact avec son énergie vitale, retrouve un sens positif à ses actes. L'ensemble de ces moyens devait permettre à chacun de développer une capacité d'auto-régulation tant au niveau de ses actions, que de la pensée, et de ses comportements. Cette capacité nous avons choisi de la dénommer self régulation. 
Il nous apparait de plus en plus que développer une capacité de self régulation est essentielle pour chacun de nous, afin d'avoir les moyens de préserver notre intégrité physique et psychique.


JDN : Pouvez-vous définir la self régulation ?

C'est la capacité à être présent à soi, aussi bien dans ses processus de pensée que dans sa corporalité, ses réactions émotionnelles, ses besoins et ses motivations..
Pour cela, nous avons inventé différents indicateurs qui permettent de se situer dans toute une gamme de positions possibles et de prendre conscience ainsi de la manière dont on ressent, dont on se représente mentalement une situation et comment on s'y implique.
Expérimenter ces indicateurs permet immédiatement de se remettre en contact avec sa réalité vécue, et de la distinguer de la réalité d'autrui.
Intégrer ces outils permet ensuite de devenir plus conscient de soi-même, plus autonome et plus compétent dans la relation à l'autre. Cela permet de mieux réguler son stress, de devenir moins sensible aux réactions et aux jugements d'autrui, et de déployer une présence à soi et au monde plus souple, plus fluide, plus mobile.


JDN : Comment développer concrètement cette capacité de self régulation ?

A plusieurs niveaux :

D'une part, au niveau de la pensée, il s‘agit de travailler sur tout ce qui est jugement et de remettre en question la catégorisation binaire en « c'est bien/ c'est mal ». Le but étant de sortir de la dualité et de s'ouvrir à un horizon plus large où on peut accueillir et accepter la réalité telle qu'elle est, à l'intérieur comme à l'extérieur.
On peut y parvenir en identifiant la manière dont on se représente les choses, de manière ouverte et dynamique (« ça pourrait se passer ainsi ») ou de manière figée (« c'est ainsi »). Il faut également repérer tout ce que nous avons intériorisé de ce qu'on nous a dit de nous-mêmes, ce que l'IRIS appelle « programmes étrangers » et qui nous font dire « je suis insupportable » ou « je ne suis pas organisé ». Enfin il s'agit de prendre conscience des pensées automatiques qui nous viennent quand nous commençons une tâche inhabituelle, ou quand nous nous confrontons à nos limites : « ca va être difficile, je ne vais pas y arriver ».

- Ensuite être en mesure de repérer les motivations qui sont à l'œuvre car les comportements ne seront pas les mêmes selon la nature de nos motivations et ils feront exister des relations de manipulation et de domination-soumission ou bien des relations de respect et de coopération.
A l'IRIS nous avons identifié les motivations qu'on pourrait qualifier d'écologiques. Ce sont celles qui me procurent durablement de l'énergie, soit parce qu'elles contribuent à mes besoins de sécurité, soit parce qu'elles m'amènent à développer mes potentialités d'être créateur, et mon autonomie. Il y a aussi en moi les motivations non écologiques qui au final consomment plus d'énergie qu'elles n'en produisent (contrôle, pouvoir, addictions diverses) et qui viennent « polluer la planète de l'autre ».

Avoir la possibilité d'une régulation de ma présence corporelle et relationnelle. Ceci est possible si je suis en mesure d'identifier mon état intérieur, aussi bien au niveau des émotions qu'à celui des sensations corporelles. Nous avons développé pour cela un outil appelé indicateur émotionnel.

Enfin il s'agit de développer une qualité de présence qui permet d'être avec soi et avec l'autre, sans confusion mais en étant tout proche, à l'écoute de mes besoins et ouvert à ceux de l'autre. C'est la condition d'une écologie de la relation à gain mutuel !
Cela nécessite de prendre conscience que je peux vivre les situations selon des modalités différentes : en étant soit dans la confusion avec ce que vit l'autre, soit à l'opposé coupé émotionnellement de la situation pour me protéger de l'inconfort ou de la déstabilisation que celle-ci pourrait engendrer en moi.


En conclusion, cette capacité de self régulation peut permettre à chacun de devenir plus conscient de soi-même et de sa qualité de présence au monde. Cette approche développe l'empathie avec soi-même et permet de rester calme, alerte et disponible, quelle que soit la situation qui se présente à nous. Dans cet état de présence, nous pouvons aussi plus facilement trouver du sens à ce qui nous arrive, ce qui nous parait essentiel dans l'époque que nous traversons.

 

Catherine Favre et Nathalie Augier
www.iris-formations.fr

 

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir