Panchakarma : les bénéfices de la sudation selon l’Ayurvéda

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Selon l'Ayurvéda, l'être humain accumule des toxines dans son organisme en fonction de son mode de vie et de son régime alimentaire. Ces toxines produisent des déséquilibres d'humeurs dans le corps et entrainent les maladies. L'Ayurvéda a pour vocation de prévenir cette accumulation de toxines et de les éliminer.

Lorsque le corps est en milieu de vie, à partir d'environ 40 ans aujourd'hui, certains docteurs en Ayurvéda conseillent d'entreprendre une grande purification interne : la thérapie Panchakarma. Elle consiste en une cure purgative et régénérative globale. Ce grand nettoyage du corps est souvent effectuée en centre ayurvédique par des spécialistes, au cours d'une période variant de quelques semaines à plusieurs mois. Panchakarma est utile aussi bien pour les personnes malades (guérison) que pour les personnes en bonne santé (prévention).

On appelle cette thérapie panchakarma puisqu'elle consiste en « cinq actions ». Chacune de ces actions correspondent à une zone d'évacuation particulière : le lavement nasal (évacuation par le nez), le vomissement (par la bouche), la purge interne, le lavement (par l'anus) et les saignées (par le sang).

Les mesures thérapeutiques ayurvédiques consistent en l'application d'un ou de plusieurs de ces procédés selon la maladie traitée. Recevoir la thérapie panchakarma au complet est selon l'ayurvéda, la voie royale vers la régénération du corps et de l'esprit.

Afin de préparer le corps à recevoir cette thérapie, il existe des procédés préparatoires que l'on nomme purvakarma : ce sont les massages à l'huile et les sudations. Ils ont pour but de fluidifier les humeurs. Ils forment déjà une thérapie en soi. Certains docteurs ayurvédiques les comptent comme des procédés à part entière des panchakarma.

L'effet combiné et successif de l'application de massages, de la prise de plantes purgatives et vomitives, l'utilisation de procédés de lavement (nez, anus) à l'aide d'huiles et de décoctions de plantes, et des séances spéciales de « sauna », rééquilibre les fluides biologiques et élimine par les voies naturelles, les toxines accumulées (et parfois « cachées ») dans les différentes zones du corps.

Nous nous concentrerons ici sur les méthodes et les bénéfices de la sudation ou swedana, aussi bien dans le contexte d'une thérapie Panchakarma que dans son utilisation simple, accessible à tous, et plus ou moins régulière. Sudation est à prendre ici au sens large et désigne l'élimination par la peau : on utilise aussi bien des méthodes humides (les bains) que des méthodes sèches (sauna) pour cela. Dans les villes et les villages de l'Inde ancienne, les médecins aménageaient parfois des petites salles closes qu'ils chauffaient à l'aide de pierres. A l'extérieur, on fabriquait également des lits chauffants à l'aide de terre, de bouse de vache, de pierre ou de cendre. Les bains chauds et les bains de vapeur étaient faits à partir de décoctions de plantes. Ces méthodes sont toujours utilisées en Inde et se sont modernisées.

Les différentes méthodes de sudation dépendent de la constitution ayurvédique du patient et du type de symptôme traité.

En général, il est dit dans les traités anciens de médecine indienne que la sudation est utile dans un grand nombre de maladies ou plutôt de déséquilibres des fonctions du corps : la constipation, les toux, les sciatiques, les contractions musculaires, l'accumulation de toxines, les douleurs articulaires, les sensations de lourdeur dans les membres, etc. Ces symptômes sont souvent liés dans le langage ayurvédique, à une aggravation (accumulation excessive) des doshas Vata et Kapha. Les sudations fluidifient les humeurs et permettent aux toxines qui les troublent d'être évacuée naturellement.

Toute forme de sudation agit donc dans le sens de la pacification de Vata et de Kapha et contribue à la diminution des toxines du corps (effet anti-sama). On distingue trois types majeurs de sudation en fonction de la constitution ayurvédique. Les sudations pour Vata doivent être onctueuses, pour Kapha, sèches, et pour les types Vata-Kapha, en alternance entre l'onctueux et le sec.

La température atteinte lors de saunas ou de bains chauds doit toujours se situer entre le « tiède » et le « chaud ». Trop forte, elle peut aggraver Pitta et engendrer évidemment des brûlures. Il existe selon l'Ayurvéda des contre-indications à la pratique de la sudation : la grossesse, le diabète, en cas de consommation excessive d'alcool, de diarrhées, d'hépatites, de blessures, de fatigue générale et de faiblesse immunitaire.

La fomentation à l'aide de grains, de plantes, de sable ou de sel (enroulés dans un pochon de tissu que l'on applique sur le corps à la suite d'un massage à l'huile) appelée pindaswedana, est utile pour les personnes de constitution Vata et Kapha. Les pindaswedana adaptées au profil Vata sont réalisés à partir de plantes anti-vata, de riz, de graines de sésame, de riz médicinal cuit dans du lait (shasti shali pindaswedana), et parfois de vinaigres.. Leur pouvoir anti-Vata est vivifié à l'aide de substances onctueuses (comme des huiles de plante ou du beurre clarifié). Les pindaswedana adaptées au profil Kapha sont réalisés à partir de plantes anti-Kaphade sable, de sel, et divers grains, elles sont plus « sèches ». Au Kérala on parle d'elakizhi, de podikizhi ou de navarakizhi selon qu'on utilise des herbes, des poudres ou du riz médicinal (navara). Les pochons se nomment potali dans le Nord de l'Inde et kizhi au Kérala.

La sudation par la chambre chauffée (Jentakaswedana) agit également dans le sens de la pacification de Kapha et de Vata. Par exemple, les séances de sauna font diminuer les accumulations d'eau et de graisses (Kapha) et fluidifient les canaux du corps (Vata). Elles éliminent les toxines par la transpiration intense due à la température de la pièce chauffée. L'Ayurvéda recommande des massages à l'huile avant la séance de sauna. On doit s'allonger confortablement dans le sauna et respirer régulièrement. La fin de la séance est marquée par une sensation de relaxation et de soulagement dans tout le corps (ce qui indique que les canaux s'ouvrent et se débouchent). Contrairement à la pratique répandue dans les saunas, on ne doit pas prendre de douche froide tout de suite après mais attendre environ trois heures et prendre une douche chaude, suivi d'un repas léger.

Parmi les autres sudations « sèches », on distingue la méthode des « lits chauds ». On s'allonge sur un tissu déployé sur un lit de pierres chaudes, de terre, ou encore de bouses de vache chaudes séchées au soleil. La bouse de vache est encore très utilisée en Inde dans la fabrication de mortier pour les maisons ou comme combustible. Elles permettent lorsqu'elles brûlent de maintenir un feu à température constante et sont de fait, utilisés dans la préparation artisanale des remèdes ayurvédiques.

Les sudations humides consistent en des douches et des bains chauds. Elles sont particulièrement efficaces dans les traitements anti-Vata, accompagnées de massages. Elles peuvent être effectuées à l'aide de « douches solaires » modernes : on remplit les sacs de douche d'une décoction de plantes anti-Vata (comme amalaki, vasa, ou guggulu). Les bains peuvent être d'eaux de plantes, de lait, d'huile ou de ghee selon les effets désirés.

Les bains de vapeur ou les fumigations sont des méthodes intermédiaires entre la sudation sèche et la sudation humide. Ils consistent à faire passer la vapeur d'une décoction de plantes sur le corps du patient. Ces décoctions sont réalisées dans de l'eau, à laquelle on ajoute parfois dans le traitement anti-Vata différents vinaigres et des racines de plantes aux propriétés « acides » : l'acide diminue Vata.

La sudation, qui succède à l'oléation dans la thérapie Panchakarma, a donc un effet purifiant et rééquilibrant sur le corps humain. Elle prépare également le corps et le hisse dans une condition optimale pour recevoir des purges internes.De façon à maximiser son potentiel en fonction de la constitution ayurvédique de chacun, il est nécessaire de consulter un professionnel de l'Ayurvéda qualifié dans la thérapie Panchakarma et de consulter l'avis de son médecinavant d'entreprendre ce genre de procédés dans un objectif de santé.

 

Morgan Vasoni
www.narayana-asso.com/

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