Chamanisme et Animal de Pouvoir

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La quête de l'animal de pouvoir ou animal allié est une des pratiques que l'on rencontre dans la plupart des traditions chamaniques des peuples premiers.

Leur structure sociale était alors le clan, la tribu, des expressions d'un nombre plus ou moins important d'individus organisés. Sédentaires ou nomades, cueilleurs, chasseurs ou pêcheurs, ces groupes étaient en rapport étroit avec l'ensemble des éléments naturels qui les entouraient. Leur attention emmagasinant des informations sur les transformations de la nature liées au rythme des saisons, ils acquirent ainsi une fine connaissance des joyaux que contenait leur territoire. Ils s'en servaient pour s'adapter et/ou élaborer des stratégies afin de répondre aux défis posés par leur monde. Nombres d'informations pouvaient être communes à la plupart des groupes et certaines très différentes. Aussi différentes que pouvaient l'être les visions du monde d'un individu nomade parcourant de grands espaces comparées à celles d'un autre, sédentaire, évoluant dans un environnement restreint.


Leur relation avec le monde apparent se prolongeait dans celle qu'ils entretenaient avec "le monde derrière le monde" ; le monde surnaturel, abstrait. Certains animaux comme les baleines, étaient non seulement inconnus mais inconcevables aux tribus qui sillonnaient les grandes plaines nord-américaines. Il en était de même avec le bison pour celles qui s'étaient établis le long des côtes marines. Ainsi la localisation habituelle de chaque groupe déterminait "le panel" récurent d'animaux sur lequel était assis le système de corrélations comportementales et les interprétations qui en découlaient. Cela prévalait aussi pour les végétaux, les minéraux, les éléments et les évènements telluriques. Certains connaissaient l'univers de la banquise quand d'autres évoluaient dans le désert tandis que d'autres encore nourrissaient leurs croyances des manifestations de "colères de la Terre-Mère », les tremblements de terre, du feu, les volcans, du vent, les cyclones, etc.... Ils ne pouvaient se rejoindre que sur des facteurs comme le jour, la nuit, le soleil, la lune, les étoiles....qui les réunissaient apparemment tous dans un même creuset en dépassant la notion d'espace limité.
Sédentaires ou nomades, les animaux à qui était conféré un pouvoir particulier étaient ceux qui étaient vus dans la réalité ordinaire. Toute incursion d'un animal étranger ; tel le cheval importé par les premiers européens ; ne pouvait être qu'une apparition, qu'une entité issue du monde surnaturel parce qu'elle n'appartenait pas à la description de ce qu'était le monde transmise par les générations précédentes.
L'aspect bénéfique de chaque animal dépendait généralement de deux facteurs. De la capacité à le "maîtriser", en l'utilisant au quotidien, comme proie destinée à nourrir le corps physique et/ou comme capacité d'appoint au service de la communauté (animaux de trait principalement..). Le deuxième facteur découlait de la promiscuité "corporelle" qui existait entre les humains et les animaux sauvages. Partageant les mêmes territoires, l'observation de ces derniers offrit aux groupes une source inestimable d'informations véritables car vérifiées au fil des ans. Les animaux prirent une dimension aussi importante ; voir plus ; que celle de n'être que de la nourriture potentielle car leurs comportements recelaient des enseignements qui se révélaient particulièrement judicieux et efficaces pour survivre dans l'environnement, par là même, pour s'en affranchir peu ou prou. Ainsi, les Lakotas (Sioux) dirent qu'ils apprirent des loups comment traquer et encercler une proie. Ainsi, les loups élevèrent la conscience des Lakotas en leur montrant que l'emploi de stratégies était bien plus efficace que l'utilisation de la seule capacité physique.


La combinaison des deux facteurs précédents mena naturellement ces humains à modifier leur approche de l'environnement. Pour notre Lakota, invoquer l'aide de l'esprit du loup avant de partir chasser devint naturel. C'était convoquer son pouvoir, l'incorporer. Cela coulait de source. De la source universelle qui génère et gère toutes les formes de manifestations vivantes apparentes. Ce sentiment était d'autant plus fort que loups et hommes évoluant dans le même espace, leurs traces se croisaient bien souvent. Ainsi, renforcés par l'aspect magique et sacré qu'une telle synchronicité pouvait éveiller et entretenir chez ces derniers, les plans ordinaire et non-ordinaire se rejoignaient. Profondément ressentie, la connexion avec l'animal s'illustrait par mimétisme et par l'apparence donnée au travers du port de parures animales plus ou moins figuratives. Hommes et animaux étaient frères, alliés et parlaient la même langue.....

 

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S'il est concevable que cette recherche soit toujours d'actualité chez les descendants de ces peuples, il peut paraître à première vue bien étrange qu'elle soit entreprise par nombres de personnes nourries de relations au monde très différentes. Ceci étant, en tous lieux, la connexion avec l'animal est récurrente pour l'homme. Dès sa naissance. Ne serait-ce que sous la forme d'une peluche. Plus tard, lorsqu'il se sera révélé, certains l'affubleront peut-être d'un qualificatif tout aussi parlant tel que « rusé comme un renard, agile comme un singe, ... ». La recherche des animaux de pouvoir personnels reste donc une démarche instinctive, naturelle. Sa rencontre m'apparaît toujours aussi fondamentale comme j'ai pu le vérifier chez moi et chez tous les apprentis de mes groupes. Quant à l'aide qu'elle peut offrir tant au niveau de la conscience d'être que des savoir-faire et vivre dans la jungle sociale, elle découle des interprétations assises sur le mental de chacun.


Je n'évoquerai pas ici les quelques manières qu'il est possible d'utiliser pour rencontrer l'animal de pouvoir en état modifié de conscience.
La présence des animaux de pouvoir se révèle d'une étonnante efficacité dans diverses pratiques chamaniques. S'ils sont par essence reliés à la bonne santé du corps physique, il n'en demeure pas moins que leur potentiel actif agit aussi sur les plans sensible, mental et spirituel/énergétique. Il n'y a là rien d'étonnant car toutes ces strates énergétiques vibratoires sont connectées entre elles.


L'animal de pouvoir n'est pas extérieur à l'être. Il est la représentation, l'illustration d'un potentiel utilisé ou pas. Lorsque l'on évoque le potentiel d'un animal physique, il est toujours question d'une position sur la chaîne alimentaire, expression résumant le rapport nutritionnel qui existe entre les diverses espèces vivantes depuis le végétal jusqu'à l'homme. Il s'agit là d'une relation prédateur-proie.


L'homme est situé en haut de cette chaîne. C'est le super prédateur ! Pas le plus puissant en force physique. Pas le plus conscient quant à son impact suicidaire sur son environnement vital. Juste le plus créatif parce qu'il n'est pas seulement assujetti aux facteurs qui motivent l'animal : se maintenir au mieux de son potentiel, s'adapter et procréer. Œuvrer avec nos énergies animales devient alors sinon vital, du moins judicieux pour ne pas sombrer dans une séparation totale entre une conscience d'être principalement cantonnée dans la pensée et les sources de l'être vivant.


S'il est possible de composer avec plusieurs animaux de pouvoir, la rencontre de ceux qui sont en accord avec nos parts énergétiques masculine et féminine constitue, pour moi, une démarche incontournable. La seule intention d'amener ces deux potentiels à créer un couple dont les deux pôles « communiquent, s'écoutent et se respectent » demande parfois des transformations comportementales dont les effets dans le quotidien en ont étonné plus d'une et d'un pour leur plus grand bien. La suite des aventures possibles avec les animaux de pouvoir est suspendue à ce premier défi...

 

Michel Bernard
Passeur de Conscience Chamanique
http://urianakadreams.uniterre.com/

 

 

Auteur du livre "Les enseignements du serpent de Xochicalco"
Editions Véga

Ce roman initiatique jalonné d'enseignements chamaniques propose : une mise en lumière de notre dimension énergétique ; une prise de conscience de nos blocages comportementaux et des moyens pour s'en libérer ; une compréhension des états modifiés de conscience en vue de l'expansion de l'être. Inspiré par les ouvrages de Carlos Castaneda, les enseignements de tradition Sioux Lakota aux côtés d'Archie Fire Lame Deer et toltèque au contact des Indiens Wirrarikas (Mexique), Michel Bernard anime des groupes qui s'appuient sur les apports du chamanisme.

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