Lettre aux aidants familiaux

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Vous accompagnez vos parents handicapés, malades, en perte d'autonomie physique ou mentale, vous étes-vous posé la question :

« et moi, comment vais-je tenir ? »

Pour avoir suivi pendant une longue durée un groupe d'aidants familiaux en tant que médecin -psychosomaticienne, les conseils suivants pouront peut être vous aider à garder votre santé, votre équilibre et celui de votre entourage.

Tout d'abord en vous posant la question de vos motivations :

  • Pourquoi ai-je accepté ou choisi ce rôle ?
  • Qu'est-ce que j'apporte à mon parent ?
  • Qu'est-ce que ce parent m'apporte ?
  • Qu'est-ce que ce rôle m'apporte ?
  • Ai-je envie de continuer à le tenir ?

Si le bilan est négatif pour vous, que vous n'avez plus envie de continuer, c'est que vous avez atteint vos limites, continuer serait mettre en danger votre santé. Vos parents vous ont donné la vie, je dis bien donné et non pas prêté pour que vous la leur rendiez un jour. Donnez-vous le droit de prévenir votre famille, les services sociaux pour envisager le relais.

Si le bilan est positif, que vous avez envie de continuer, voici quelques conseils pour garder votre équilibre et celui de votre famille :

 

  • Respectez ou faites respecter votre sommeil, 8 à 9 h par jour sont indispensables ; si votre nuit a été mauvaise, compensez par un repos dans la journée.
  • Sachez mettre des limites aux exigences de votre parent, vous n'êtes pas un objet, vous êtes une personne, sachez dire « non » sans culpabilité.
  • Sachez vous faire respecter de lui comme vous le respectez. N'acceptez pas les injures, les coups, même une personne atteinte de maladie d'Alzheimer comprend les interdits, il faut seulement le lui répéter souvent.
  • Ne vous identifiez pas à lui. Le vieillissement n'est pas lié à la maladie, l'être humain est programmé pour vivre sans maladie, même vieux. Profitez de leur expérience douloureuse pour voir leurs erreurs à éviter : alimentation mal adaptée, manque de sommeil, sédentarité, stress mal géré, émotions refoulées, limites physiques ou morales non acceptées ou non respectées, fragilités de terrain négligées qui auraient pu être surveillées en prévention.
  • La maladie d'Alzheimer n'est pas du tout héréditaire.
  • Faites-vous 5 plaisirs pas jour.
  • Faites-vous aider en trouvant un lieu (groupe de paroles) ou une personne susceptible de vous écouter sans jugement, avec bienveillance, le refoulement des émotions est nocif pour la santé.
  • Ecoutez votre famille, son vécu et sachez faire des choix : votre conjoint, vos enfants sont prioritaires.
  • Si vous avez envie de suivre ces conseils et que vous n'y arrivez pas, voyez un psychothérapeute analytique qui vous aidera à y arriver.

 

Docteur Minou Poirier

Médecin psychanalyste, psychosomaticienne
http://minoupoirier.e-monsite.com/


Commentaires   

0 #1 PASCAL ANGER 04-07-2012 21:41
:roll: j'aime beaucoup cet article trés sensible, il est vrai que l'on s'occupe trop peu des soignants..je crois q'il est important qu'ils aient un lieu d'écoute, un lieu ressource pour être eux aussi accompagner dans ce travail difficile et trop souvent mal considéré
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