Eloge de l'équilibre

Note utilisateur:  / 2
MauvaisTrès bien 
Souffrant de schizophrénie depuis maintenant plus de 11 années, j'ai eu le temps de réfléchir sur cette notion d' « équilibre » qui me parait essentielle quant à notre état de santé général à tous.

La schizophrénie est l'une des pathologies les plus déséquilibrantes qui soit dans le sens où elle touche tous les aspects de « l'être » à la fois. En effet, en l'espace de quelques instants (le temps d'une bouffée délirante), la personne va vivre en elle-même une profonde fragmentation, une destructuration sur les plans physique, énergétique, émotionnel, psychique, voire même spirituel. La schizophrénie dans ses phases les plus aiguës va agir à la façon d'une " bombe atomique  interne", dessinant un avant et un après dans la vie de l'individu.

Ainsi, tous les porteurs de maladies graves ont un jour « chuté » et se sont éloignés de leur état d'équilibre naturel qui les ont poussé à développer une pathologie.
Or le problème est que notre environnement ne nous incite pas à garder notre capital santé et notre équilibre naturellement. Au contraire, que ce soit par le stress au travail, une alimentation dénaturée, des pensées culpabilisantes, des peurs en tout genre entretenus par les médias..., nous avons, pour les plus sensibles d'entre nous, dévié de notre axe (d'un point de vue physiologique, on appelle cela l'homéostasie), matérialisant dans notre corps des maladies. Celles-ci devraient nous faire prendre conscience que nous sommes porteurs d'un déséquilibre qu'il faut réajuster en prenant véritablement soin de soi. Or, la réponse de la médecine conventionnelle est de traiter uniquement le corps physique, notre enveloppe matérielle, alors que le problème et la cause se situe bien souvent ailleurs. Cette médecine symptomatique permet donc de traiter les symptômes (et elle est ô combien nécessaire dans des pathologies lourdes comme celle que je vis), mais si la cause véritable n'est pas traitée on peut être sur que le symptôme reviendra à la fin du traitement chimique, ou qu'il se déplacera ailleurs, créant alors une autre pathologie.
Sans vouloir entrer dans la polémique, les scandales du Médiator et autres montrent bien les limites de notre médecine moderne qui a su isoler des principes actifs sans arriver à annuler les effets secondaires parfois terribles des médicaments.

Pour revenir sur notre sujet, notre environnement nous poussent donc au déséquilibre en essayant, lorsque celui-ci est installé, de revenir progressivement à une certaine stabilité, mais au prix de combien d'efforts pas toujours payants et d'une facture salée pour la sécurité sociale. Si nos efforts étaient portés sur le maintien, dès le plus jeune âge, d'un équilibre véritable pour chacun grâce à une alimentation saine, d'un suivi de santé régulier grâce aux médecines naturelles, d'un développement des dons et capacités individuelles favorisant la créativité (qui est peut être le meilleur des médicaments), de projets menés plus dans une logique de coopération que de compétition...etc, on peut supposer que les choses iraient mieux.

En fait tout l'effort de la collectivité réside dans le curatif (une fois que la maladie s'est installée), qui se chiffre en milliard d'euros, alors qu'il devrait porter sur le préventif et l'apprentissage de la connaissance de soi, méconnus mais tellement essentiels pour garder son équilibre et avec au passage avec un coût dérisoire à supporter pour la société (mais tellement destabilisant pour des firmes pharmaceutiques qui doivent dégager toujours plus de bénéfices pour leurs actionnaires et rentabiliser leurs investissements en recherche.)

Le médecin traditionnel chinois (qui tend aujourd'hui à disparaître en Chine, remplacé par les hôpitaux et cliniques modernes) venait voir les familles deux fois par an. Au prix d'une écoute et d'un diagnostic pointus avec parfois la prescription de produits naturels, le médecin se faisait payer pour son intervention. Par contre, si au cours de l'année, un des membres de la famille tombait malade, non seulement le praticien devait revenir gratuitement, mais en plus il perdait une partie de sa réputation. Autrement dit le médecin traditionnel était là pour permettre aux personnes de garder leur équilibre faisant en sorte, dès lors, qu'aucune maladie ne puisse se déclarer. Nous voyons là dans cet exemple tout le décalage avec les paradigmes de notre médecine moderne.

Aujourd'hui des centaines de techniques et des médecines complémentaires sont à la disposition de personnes en questionnement, d'autant plus si elles vivent une pathologie au jour le jour. Comme j'ai pu l'écrire dans mon ouvrage, sans se passer de la médecine allopathique lorsque les symptômes sont très aigus et dangereux pour soi, une alliance avec les approches complémentaires peut s'avérer décisive dans la compréhension de la genèse de la pathologie jusqu'au lâcher prise permettant de reprendre les rennes de sa vie en toute sérénité. Ce voyage n'est pas toujours de tout repos, en premier lieu à cause de la mauvaise presse qu'on parfois ces « médecines ». De ce fait, si vous êtes déjà malade, il pourra vous falloir un certain courage pour faire le pas. Ensuite, cette « expérience intérieure » pourra vous conduire au cœur de vous-même, là où au départ rien n'est « tranquille », mais où, pendant des années, la quête « extérieure » vous en a détournée, en sachant pourtant bien que toutes les réponses se trouvaient là.
Cependant depuis quelques années, un énorme changement de conscience s'opère, et de plus en plus de médecins « conventionnels » se mettent à pratiquer des alternatives, et donc, à s'en faire les portes paroles les plus écoutés et les plus rassurants.

Néanmoins il convient de ne pas confondre l'état d'équilibre (une santé optimale, la joie de vivre, le respect de ses besoins...) avec l'état de l'extrême « positif » que les schizophrènes décrivent si bien lorsqu'ils sont ballottés entre ciel et terre, paradis et enfer, inhibition et désinhibition...etc Souvent, au cours de la bouffé délirante propre à cette pathologie, l'individu se considère souvent « comme le plus fort, le plus beau, le plus intelligent... » sans plus de rapport avec sa réalité. A ce moment là il y a sécrétion massive d'endorphines, les molécules du bonheur, qui font disjoncter la personne, puisqu'elle se trouve alors vraiment déconnectée du réel. Dans ce sens, connaissant les extrêmes dans leur vie, elles pourront ensuite aspirer à un art de vivre sain qui pourra les ramener à un meilleur équilibre.

Toutes les personnes qui sont passées par des maladies graves connaissent au moins intuitivement, le prix de ce précieux équilibre qu'elles placeront au coeur de leur existence afin de le préserver. Au lien de se faire la guerre, les différentes médecines pourraient véritablement coopérer afin de proposer le meilleur au patient. Est-ce là un doux rêve en regard des milliards d'Euros qui sont en jeu ? A nous, chacun, de peser de son poids et de savoir, en reprenant désormais notre pouvoir individuel, vraiment là où l'on veut cheminer.

 

Alexys Guillon
www.schiz-osent-etre.org

 

Auteur du livre "Espoir de schizo"
Editions Quintessence

"Avec un parcours à la fois en psychiatrie et en médecines non conventionnelles, Alexys Guillon nous apporte un témoignage éclairant sur les aspects intimes de la genèse et du vécu de la schizophrénie au jour le jour, en ouvrant des perspectives à ceux qui en souffrent et désirent vraiment reprendre leur vie en main. Eclairant, ce livre permet aux personnes non porteuses du trouble de considérer autrement les maladies et de donner l'envie de préserver leur précieux équilibre grâce à des techniques simples et efficaces."

Commander en ligne ici

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir