Comment guérir notre pensée grâce à notre corps ?

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La question du lien entre le corps et l'esprit est très actuelle. Le fort développement de la médecine alternative en est le reflet. Que l'on soit thérapeute ou patient, tous sont concernés par le fait de donner du sens à ce qui est vécu dans le corps.


La relation corps-esprit prise à rebours

La position du malade qui va voir un soignant qui ne parle pas avec lui, qui ne fait pas cas de ses émotions, qui même, peut-être, ne le touche même pas, est une position extrêmement inconfortable, qui est proche de celle du viol : le corps et ses symptômes deviennent la propriété de ceux qui savent, de la même façon que lorsque l'on confie notre voiture au garagiste !


Aujourd'hui, l'évidence pour beaucoup est que nos pensées et nos émotions influencent notre santé. Pour améliorer leur qualité de vie, il est clair pour ceux-là qu'il ne suffit pas d'avoir une hygiène vitale correcte ni pour être en bonne santé, ni pour être heureux. La prise en compte du pouvoir créateur de la pensée amène les gens à réaliser qu'il existe un lien entre tel malaise et telle émotion, ou entre telle situation « subie » et tel mode de pensée ou de croyance : la certitude que nous créons le monde que nous expérimentons avec nos pensées commence à faire partie du paysage culturel commun. Cette connaissance, autrefois réservée aux initiés, puis redécouverte comme une vérité scientifique par la mécanique quantique, s'introduit dans toutes les couches sociales.


De plus en plus de gens reprennent conscience de leur responsabilité sur leur vie et de l'influence de leurs pensées sur les moindres détails de ce qui « leur arrive », que ce soit dans les situations vécues ou dans l'état de santé de leur corps.
Cette pensée amène naturellement toute personne malade et ouverte à ces questions à se poser celle-ci : « comment ma pensée peut-elle guérir mon corps ? ». De prime abord, il s'agit d'une question de bon sens. Si je suis malade, c'est que je ne fonctionne pas sur un mode psychique réellement bon pour moi et cela a des conséquences sur ma santé. Donc, si je veux être en bonne santé, il faut que je fasse attention à mes pensées et que je change celles qui me sont nuisibles.


Pourtant, la question que je pose ici est à l'inverse :
« comment guérir ma pensée grâce à mon corps ? ».
En remettant cette interrogation dans ce qui me semble être le bon sens, je vais montrer que le corps possède des fonctions importantes que la première question ne sous-tend pas.

 

Le corps, pourquoi faire ?

Lorsque l'on s'interroge uniquement sur le comment changer nos pensées, sans s'en rendre compte, on perpétue une vision du corps profondément ancrée dans notre société : non seulement on entretient la pensée de séparation corps-esprit, mais on réduit également le corps, dans cette relation, à la dimension de réceptacle passif des forces psychiques : le corps n'est qu'un véhicule, au sens vulgaire du terme, de notre esprit. Finalement, cette vision est partagée par ce qu'a véhiculé la religion pendant des siècles, et par la science matérialiste.
Le corps ne serait fait que pour nous permettre d'agir sur Terre, et devrait inexorablement mourir dès que l'on n'en a plus besoin ou que l'on s'en est tellement mal occupé qu'il tombe en ruine. De ce point de vue, la maladie est normale, et uniquement liée à un processus d'usure.
Ceux qui ne pensent pas que l'esprit influence le corps estiment qu'une bonne hygiène vitale est suffisante. Ceux qui le pensent vont mettre l'action sur le fait d'avoir de bonnes pensées. Mais au fond où est la différence ? Bonne hygiène, bonne pensée, le corps ne fait que subir.

Si le corps n'est pas qu'un instrument, alors qu'est-il ? À quoi sert-il ? Que fait-il ?
Il est tout de même remarquable de constater que nous en sachions si peu sur la fonction réelle du corps, alors que c'est la seule chose de nous-même que nous connaissions objectivement. C'est la seule part visible, palpable de notre être, et pourtant nous avons cette tendance à la « chosifier ». Comment est-ce possible ?
Depuis toujours je cherche à comprendre la nature des liens corps-esprit, et dans ma pratique de thérapeute manuel, mais également à travers la pratique de danse instinctive que transmet ma femme Ena, j'ai pu constater et vivre l'intelligence du corps : le corps parle, mais pour l'entendre, il faut savoir se mettre à son écoute. Il faut apprendre à se pencher humblement vers lui, avec attention, et alors il révèle un autre visage de lui-même : il se révèle fraîcheur, innocence, il chante, il gazouille et plus encore, il conseille, éclaire, rappelle l'essentiel, nous montre de nouveaux chemin. L'expérience du corps intelligent, que ce soit par le contact thérapeutique manuel ou par la danse sensible, s'avère systématiquement riche et enseignante.

Le corps est une entité intelligente qui nous envoie des appels, et ceux-ci ont toujours une fonction claire : nous maintenir sur le chemin de la vie et nous permettre d'évoluer.
Lorsque l'on entend plus les doux murmures qui émanent du corps, celui-ci hurle. C'est la maladie.


Un corps pour évoluer

À ce stade encore, on pourrait penser que le corps, certes intelligent, se contente de manifester à l'esprit qu'il a une façon anormale de fonctionner, et qu'il faut qu'il fasse « un effort sur lui-même » pour s'améliorer. C'est ainsi que de nombreuses personnes traitent leurs symptômes : mon corps me dit ça, alors je vais faire ceci ou cela, je vais essayer d'être plus positif, ou moins maniaque... exercice de bonne volonté... mais de haute voltige... on n'éteint pas le feu avec le feu !

Comment la pensée peut-elle changer ?
Toute l'approche thérapeutique que j'ai construite est basée sur le fait de reconsidérer les relations corps-esprit : j'en suis arrivé à considérer le corps comme la part de notre être au sein de laquelle s'effectuent les transmutations de l'être.
Que venons-nous faire sur Terre ? Pourquoi nous incarnons-nous ?
Si l'on cesse définitivement de vouloir séparer corps et esprit comme si le corps était un instrument purement matériel mis à notre disposition par la Terre le temps de notre séjour, on doit considérer qu'il est une part intégrante de nous même.

Nous ne venons pas ici uniquement pour nous reproduire et vieillir. Nous venons surtout pour évoluer. Le plan de l'incarnation est un plan privilégié d'évolution de l'être. Pour effectuer cette évolution, nous avons besoin de scinder notre être en plusieurs phases actives qui par leurs interactions accomplissent le processus de maturation global. Ces trois parties, que l'on retrouve nommées dans toutes les grandes traditions correspondent au supra-conscient, au conscient et au subconscient. Dans la religion chrétienne, on parle de sainte trinité.

Dans le travail que j'ai élaboré, j'ai identifié le corps au subconscient, c'est à dire à la force vitale, à la puissance, au feu sacré. Le plan du subconscient, donc le plan du corps est celui où s'opèrent les transformations de manière concrète. De ce point de vue, il remplit la fonction du four des alchimistes, l'athanor. C'est d'ailleurs sur cette correspondance que j'ai nommé la pratique manuelle fondée sur ces principes : Atanakor (corps-athanor).

Si le corps est un athanor, et s'il est l'une des trois parts de notre être incarné, cela signifie qu'il n'est pas du tout construit pour être malade, et à priori pas non plus pour mourir : le propre d'un processus alchimique est l'amélioration de toutes les parties par une série de processus cycliques qui englobent tous les niveaux de réalité, jusqu'à atteindre la fameuse pierre philosophale. Cette Pierre est un symbole de la réunion des trois plans de l'être dans une perfection matérialisée où il n'y a plus de dépendance ni de mort.

 

Comment activer le potentiel évolutif du corps ?

Envisager notre corps comme un creuset d'accomplissement change totalement le rapport que nous avons avec lui. En regardant les choses de cette façon, il devient en effet clair que notre corps peut guérir notre pensée, puisqu'il est fait pour ça !
Alors comment faire ? Il est évident en regardant autour de nous que cette dimension du corps ne se manifeste pas souvent, que nous connaissons plus de gens qui meurent malades que de personnes qui s'élèvent dans le ciel avec un corps transfiguré !
Comment faire pour guérir (ou accomplir) notre être, notre esprit, grâce et avec notre corps ?

Cette question contient en elle-même une part de la réponse : en étant avec lui. La grande blessure de l'humanité, la faute originelle, consiste en cette séparation du corps et de l'esprit, du bien et du mal. Tout comme un enfant ou un animal s'équilibre naturellement lorsque l'on est « avec » lui, le corps à besoin que la conscience soit penchée vers lui, fermement et tendrement proche de lui.
De cette façon-là, son potentiel de transformation s'active, il révèle sa beauté, sa créativité et remontre les trésors de connaissance de nous-même qu'il conservait en lui-même, et nous fait grandir, et grandit lui-même.

Sans cette attitude le corps ne fait que survivre, il s'ennuie comme un animal que l'on ne considère pas et que l'on utilise. Retrouver la bonne attitude est une véritable rééducation : tout dans notre société est construit à l'inverse, comme si l' « esprit » cherchait à fuir le contact pourtant vital avec le « corps ».

Reconstruire la bonne relation, c'est redonner de l'espace à l'intelligence du corps, et particulièrement à sa créativité. Le sport, l'hygiène vitale, et même le yoga et la méditation, sont souvent pratiqués comme des moyens de faire faire au corps des choses, au lieu d'accompagner ce qu'il a envie de faire. De même, de nombreuses pratiques thérapeutiques, même naturelles, cherchent à « équilibrer » le corps, sans être à l'écoute des raisons qui l'amènent à se déséquilibrer, et sans faire confiance en son immense potentiel d'auto-guérison.
Il est important pour nous tous, pour notre monde en changement, que le rapport au corps s'inverse et que de nouvelles approches émergent dans ce sens, dans l'optique de notamment remettre la force vitale du corps au centre de l'attention.

 

 

Nicolas Bernard
Fondateur de la thérapie Atanakor

www.atanakor.com
www.earthdanse.com

 

Commentaires   

0 #1 marie 31-05-2012 18:24
Bonjour,
Cet aricle est trés interressant dans la mesure où il nous amene à repenser la relation à notre corps, à en prendre soin, de façon intelligente et sensible,avec le respect necessaire. C'est une proposition sensé, comment concevoir notre corps autrement, conception qui ne demande qu'à être étayer par les expériences de chacun, avec une qualité d'écoute subtile, repenser ce corps, si proche et pourtant si mystérieux...me rci à l'auteur!
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