Du cercle à la spirale

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Le cercle est un symbole universel. On pourrait dire qu'il n'est qu'une image, qu'une projection idéalisée de la forme des astres, ou une abstraction mathématique.... mais si l'on faisait cela, on en perdrait toute la substance.

Le cercle frappe par sa simplicité : une ligne continue qui se rejoint elle-même et dont tous les points sont à égale distance du centre. Forme parfaite qui évoque bien sûr une forme d'achèvement de l'oeuvre naturel, comme les planètes ou le soleil, et qui pointe l'immensité et l'intégrité essentielle de chaque chose.

L'être humain et le cercle
Dans les sociétés traditionnelles, tout est pensé et organisé depuis et en fonction du cercle : les villages sont ronds, les habitations le sont, organisées en cercle, construites autour du foyer rond du feu. L'espace autour du village consacré aux cultures est rond et tout autour la nature dans son état sauvage est aussi ronde. Dans ce rond chacun a une fonction lié à sa nature destinée à préserver la double fonction du cercle : préserver et respirer. Respirer, car tout cercle est fait pour grandir, inclure et ouvrir à l'inconnu qui l'entoure, comme cette nature indomptable qui entoure l'espace connu du village. Respiration vitale qui lorsqu'elle est vécue dans la logique du cercle ne déstructure pas mais nourrit.
Chacun a sa place : les enfants sont contenus au centre par les femmes qui veillent sur l'intégrité du cercle, puisque ce sont elles qui détiennent ce pouvoir : de tous les temps anciens, la femme est maîtresse de l'âtre, elle gère les besoins interne et elle seule peut établir la communication entre le feu qui doit toujours brûler, les enfants qui doivent grandir et se nourrir, les forces mystérieuses dont la substance est nécessaire à la croissance de la tribu... entre tout ça et le vaste inconnu qui entoure le village. Ce sont elles qui invitent les hommes à aller chercher dehors, au-delà du cercle, les énergies dont elles seules savent le besoin que l'on en a ici au centre.
C'est certainement pour cela que le ventre des femmes est rond, tout comme l'ovule qu'elle produisent ne quitte pas leur giron et qu'il reçoit en lui le facteur fécondant...

La vie du cercle
Pour qu'un cercle préserve et fasse grandir, il y a besoin que chacun ait sa place.
Contrairement aux sociétés pyramidales, il n'y a pas là de domination, car on sait que dans un groupe, tout le monde est nécessaire, et qu'il n'y a donc personne de plus important que l'autre. Chacun se tient donc assis en cercle dans les réunions, lors des prises de décision.
Chacun est à égale distance du centre, et la parole de tous est de même valeur.
On raconte que certaines sociétés applique à la lettre le seul principe de démocratie réelle : l'unanimité. Aucune décision ne serait prise tant que tout le monde n'est pas complètement, réellement d'accord. On ne recherche pas de compromis, on cherche la meilleure solution.
Derrière cette pratique se cache une conviction qui naît d'une attitude de profonde confiance envers la vie : il existe toujours forcément une solution dans toute situation qui soit la meilleure pour tout le monde. Lorsque l'on pense ainsi, la ou les personnes qui ne sont pas satisfaites par les choix de la majorité ne sont pas des fauteurs de trouble, mais des révélateurs, auxquels tous, même ceux qui se croyaient contents, vont faire spécialement attention. Autrement dit : si ma satisfaction crée des laissés-pour-compte, alors il y a un problème, je me masque encore une grande partie de la réalité et je n'ai pas encore trouvé la solution qui me correspond vraiment.

C'est un défi audacieux que de plonger dans cette possibilité là.
Le cercle des hommes et des femmes continue alors, sans limite de temps, jusqu'à ce que le cœur de la tribu chante vraiment, que le cercle soit intègre. Chacun sonde dans l'invisible les possibilités qui n'avaient encore jamais été envisagées, jusqu'à ce qu'une évidence se fasse, et qu'avec cette évidence, chacun et le groupe s'en aille non pas en ayant trouvé un bon compromis, mais en ayant grandit !

Du cercle à la spirale
Le processus de prise de décision circulaire propre aux sociétés dites « primordiales » en dit à lui seul long sur ce qu'est le cercle.
En dehors d'être une forme et un modèle de société, le cercle est le cycle, à l'image des années au sein desquelles s'écoulent les saisons, à l'image de la vie qui s'écoule entre fécondation et mort...
Et de nos jours, ou plutôt dans nos sociétés où la croyance en le dieu Mécanique s'est installée, où de vision de cycle nous avons surtout celle des horloges qui égrènent le temps avec une régularité démoralisante, nous pouvons croire que le cercle est statisme, conservatisme, éternel retour au même point : « et voilà, c'est déjà à nouveau Dimanche ! », « il est 12H, comme hier »....
Vu de notre planète-progrès, nous pouvons, ou plutôt, nous pouvions, car les temps sont à la désillusion de ce système, croire que nous avions bien fait de faire éclater ce cercle... que nous avions bien fait de sortir de notre bocal de poisson rouge !
Pourtant... l'état de santé, morale comme physique, n'a jamais été si mauvais que dans nos sociétés évoluées, où le cercle semble réduit à faire avancer nos voitures. Il semblerait que la vie en cercle soit un besoin physiologique.

Mais si la vie est expansion, alors comment le genre humain peut-il être en bonne santé dans un cercle si celui-ci revient toujours au même point ?
C'est qu'un cercle ne se referme pas réellement. La fonction magique du cercle est de préserver en faisant grandir, et de faire grandir en préservant...
Lorsqu'une belle décision est prise en cercle, en réalité, rien n'est plus comme avant : le groupe s'est comme élevé, car la matrice du cercle a pu recevoir en elle de nouveaux possibles inenvisageables avant. Elle a pu recevoir en elle des courants transcendantaux, tout comme la femme, gardienne du cercle fait venir en lui les nouveautés apportées par l'homme.

Le cercle est finalement une spirale que nous voyons du dessus : à chaque tour, elle monte d'un cran.
Le cercle est processus d'évolution, et contrairement à ce que la modernité a introduit comme idée, l'évolution n'est pas expansion loin du centre (comme l'image encore véhiculée du big bang), mais élévation autour de ce centre, acquisition d'une force d'intégrité de plus en plus grande, passage à des niveaux de vibration supérieurs.

Espérons que notre monde et chacun d'entre nous dans ce monde saura retrouver cette sagesse simple !

Nicolas Bernard
Fondateur de la thérapie Atanakor

www.atanakor.com
www.earthdanse.com

 

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